Carnet de route

Retour dans la Jonte

Le 31/05/2026 par Clément

Dimanche 19 avril 2026, Diagonale du Gogol

Petite marche d'approche pour rejoindre le secteur « la diagonale du Gogol », suffisamment raide pour s'en souvenir. La marche depuis le camping prend ½ heure. Grimpe en flèche pour Ode, Marion & Clément dans « Deux têtards dans la mare ». Pour Marion, la néophyte de la cordée, « la grande voie, c'est clairement surfait. » Du moins au 1er relais... Nous laissons le soin à l'enchainement des longueurs qui suit et à quelques relais pleine parois de vivement la détromper. Y Croisons le gypaète pour la seule fois du séjour. Sortie de voie près d'un abri sous roche, prenons pied sur le causse. Une sente bien marquée nous ramène aux rappels principaux, aprs avoir contourner dans le vert une grosse tête de calcaire. Rappel impressionnant depuis lequel nous apercevons la seconde cordée dans sa dernière descente sur corde. De leur côté, Noémie et Dom ont suivi les jardins enchanté. Belle voie d'initiation aux relais confortables. Il y avait quelques cordées devant eux qui n'ont pas entamé la régularité de leur progression. Solidarité extrême envers Ode, une fois mouflée, qui a laissé du sang sur le rocher. Retour au camping à 20H08 (d'après la mémoire clinique de Noémie). Jolie vue sur Peyreleau.

 

Lundi 20 avril 2026, Pégase & Arête

Ode et Dom se prennent un but dans « la coupe est pleine ». Avais mal mémorisé le profil de cette voie qui réserve deux méchants surplombs aux grimpeurs qui la visitent. Décroche une grosse pierre sur une manip d'aide aux seconds. Préfère alors changer la tête de mouflage pour faire redescendre la cordée. Une jolie 4C remonte le moral d'Ode, parcourue peu avant par Noémie & Marion. Rejoins cette cordée et grimpons en réversible dans Pégase, 3 longueurs intéressantes, variées. Retrouvons Ode et Dom après un court rappel sur un brin. Grimpons sur l'arête l'après-midi, belle ambiance, profil montagne, 2e longueur esthétique. Dom apprécie beaucoup, notamment le passage en artif A0/A1, tire au clou ou pédale suivant les goûts. Ode a redouté ce passage et ne s'est pas engagée dans la voie. Marion a beau chercher une via ferrata, elle n'en trouve pas – se demandant si elle ne s'est pas trompée de sortie. Elle compense en lançant une diatribe Féminazis vs masculinistes, la blague filée du séjour. Une horrible photo doit être supprimée sur laquelle on voit Marion descendre en rappel sans autobloquant – elle était en fait contre-assurée. Noémie a apprécié l'approche par Cap-Luc et le GR, la mini-course d'arête et la première longueur de Pégase, alternant fissures et écailles. Du haut de l'arête, on pouvait voir une sellette abandonnée en haut d'une des voies furieuses de la Cathédrale.

 

Mardi 21 avril 2026, Roc Aiguille

Bis repetita. Répétons les voies de l'an passé, Iseki et Youna, dans les gorges du Tarn. Noémie est satisfaite de les revisiter en cordée réversible, de reprendre cette sortie piscine si particulière – équipée d'un pédiluve cette fois, un filet d'eau venant corser le pas le plus délicat – mais regrette d'avoir effectué l'approche en véhicule motorisé. Faudra-t-il prévoir des vélos l'année prochaine ? « Voies fantastiques » pour Ode, dans le secteur du pas de Soucy. Paysages époustouflants, vautours en nombre, pas inhabituels tels que le rateau de chèvre lors de la dernière longueur et descente plaisante sur les cordes fixes. Marion apprécie le coin pour les mêmes raisons mais modère son enthousiasme par un « 5C, putain fait chier, j'voulais pas le faire ! » Néanmoins, elle accepte l'aide des mascus, réussit « à se priver de bons pieds et de bonnes mains ». Elle passe un cap en prenant la tête de la cordée dans une longueur plus difficile, puis l'installation d'un relais après avoir puisé dans ses ressources physiques et mentales. La rejoins pour filer un coup de main : mouflage boucle sur son second, cramé par une première tentative infructueuse. Pour Dom, la beauté des paysages se dispute à celle des voies.

 

Mercredi 22 avril 2026, Vacation / Bitard

« Y aura-t-il du chorrizo au restaurant ? » Voilà trois dîners que nous finissons péniblement les rondelles de chorrizo qui nous sont inlassablement servies soir après soir, chapelet interminable qui sature notre appétance – mais pas nos assiettes, car on boufferait n'importe quoi après les grandes journées de grimpe. Espérons que le restaurant du Rozier nous réserve autre chose. Dans les faits, nous mangerons exactement les mêmes mets que l'an passé, d'après la mémoire bionique de Noémie. Nous grimpons avec Noémie et Marion dans le Bitard, cohabitant avec de grands flamands bien maflus, qui sentent le bébé-cadum et utilisent les techniques montagne en grandes voies. Le plus grand et le plus sympa nous explique qu'ils ont été formé par un guide haute montagne à Briançon. Très belle voie, bien verticale, aucune longueur à jeter. Noémie prend note des stratégies à mettre en œuvre quand on descend en rappel dans la voie alors que d'autres cordées y sont engagées. A trouvé le calcaire plus agressif qu'ailleurs. D'après Marion, « la chouette était voie » (?) Il est temps de se reposer, comme l'on fait Ode et Dom qui sont allés se balader. « Cap-Luc, c'est beau, c'est expo ! » Les échelles sont pourtant de bien belle qualité – mais il ne faut pas se fier aux garde-corps. Belle vue sur la conflence du Tarn et de la Jonte. Jolies ruelles étroites à Peyreleau. Baignade dans les eaux claires de la Jonte, retour par la passerelle interdite et la rive gauche, sente forestière puis chemin balisé jusqu'à Peyreleau.

 

Jeudi 23 avril 2026, retour.

« Délices de rappel, ça valait le coup de se lever tôt. » d'après Ode, sur le cemin du retour après avoir parcouru l'Arête. Avons de nouveau dérangé le vautour qui couvait, la voie passant trop près de son aire. Mauvais choix de ma part sur ce plan-là. Une fine pluie et les nuages remontant des gorges renforcent le caractère montagnard de la voie. Regrette que la pluie n'est pas été plus prégnante pour saler l'addition de la 2e longueur. Noémie devra attendre Pen Hir pour attaquer les grandes voies sous une pluie battante. Le séjour ouvre des perspectives : revenir dans la Jonte et explorer de nouveaux secteurs : Feu Foret, Dans la gueule du Look, etc... Et de parcourir des grandes voies en montagne.

 







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